Reflets et forces occultes

Autrice : Valéry K. Baran.

Genres : Hétéro, romance, érotique, fantasy.

Résumé : Quand Romar trouve enfin le miroir magique qu’il a ramené de ses études, Line est surexcitée. Quand, au lieu de créer un simple double de lui-même, il se retrouve en dix versions aux caractères tous différents, elle rigole beaucoup moins. Mais c’est bien toujours lui, non ? C’est bien ce qu’il lui a dit : ces mains, ces sexes, ces lèvres qui s’emparent de son corps, c’est toujours lui ?

Reflets et forces occultes

D’un geste paresseux, Line étendit la main depuis le lit où elle se reposait pour caresser la pierre de Loamsdaün qui trônait sur la table de nuit. En réaction, l’objet fit sortir quelques fines branches qui s’enroulèrent autour de sa main, avant de se rétracter lentement. Line roula sur le dos, amusée, et étira son corps engourdi par les endorphines du sexe, avant de jeter un œil à son compagnon.

– Alors ? Tu le trouves ?

Romar leva les yeux de la malle qu’il était en train de vider, nu de l’autre côté de la pièce, sans perdre son expression concentrée.

– Non…

Il posa par terre une série de rouleaux au papier jauni et saisit un vieux sac de jute dont il examina le contenu.

Line s’étira, rêvassant.

Le logement de Romar était à l’image de son apprentissage : surchargé, plein de livres, de manuscrits, de fioles et d’objets tous plus curieux les uns que les autres. Certains étaient animés d’une vie propre, d’autres immobiles, mais dégageant une forte tension, d’autres encore invisibles aux non-initiés, mais son amant en parlait comme s’ils faisaient partie de leur environnement, ce qui l’amusait plus souvent que la surprenait. Par ennui, Line saisit la pierre de Loamsdaün à pleines mains et hoqueta de surprise quand celle-ci étendit ses branches jusqu’à les entourer autour de son corps et même en glisser une à l’orée de son sexe, caressant les fins poils clairs qui le dissimulaient. Elle se pinça les lèvres, attendant, mais l’intrusion qu’elle appréhendait ne se produisit pas, seules quelques branches restant accrochées à ses bras, sa taille et son cou. Elle contempla l’objet qui reposait au creux de ses paumes, s’interrogeant sur la manière dont Romar et elle pourraient l’utiliser dans leurs rapports sexuels. Ils avaient déjà testé un bon nombre d’artefacts, de techniques et de potions que son compagnon rapportait régulièrement de ses études, mais pas encore celui-ci. Parfois, elle se demandait comment réagiraient ses professeurs s’ils apprenaient l’usage qu’ils en faisaient dans l’intimité… Mal, sans hésitation. Les sanctions auxquelles ils s’exposaient, en particulier, l’interrogeaient. Lorsque la pierre de Loamsdaün fit sortir une nouvelle branche dont l’extrémité se dirigea vers sa bouche, Line ouvrit ses lèvres pour l’accueillir, mais fut prise d’hilarité en la sentant entrer dans sa narine. Mauvais endroit ! Elle la reposa sur la table de nuit, tandis que ses fines branches la relâchaient progressivement.

Une exclamation de victoire émana de Romar.

– Ah !

Le corps redressé, il tenait un miroir, dont le cadre d’un bleu luisant n’était guère plus grand que les livres de la pièce, et sur lequel sinuaient des nervures, comme d’infimes serpents se mouvant les uns à la suite des autres.

– C’est celui-ci.

Line se mit à quatre pattes sur le lit, sautillant d’excitation.

– Alors ! Alors !

Romar lui adressa un regard rieur.

– Bon, on va dire que je vais y arriver, hein ?

Un large sourire étira les lèvres de Line. Celui-ci se dissipa toutefois alors que Romar commençait à réciter ses formules, parce que l’air se chargea d’une tension qui, si elle lui était habituelle, lui faisait à chaque fois prendre conscience de la puissance des forces avec lesquelles ils s’amusaient. Jeu dangereux. Les cheveux et les poils du corps de son amant se redressèrent et la brume qu’elle savait être associée à l’appel des forces occultes se leva, engloutissant peu à peu son image dans une opacité blanche. Elle ferma les paupières.

Au bout de quelques minutes, comme la voix de Romar se tut, elle rouvrit les yeux. Lentement, le nuage qui avait envahi tout l’espace commença à s’effacer.

Lorsque apparurent non pas deux silhouettes, soit celles de Romar et de son reflet, comme il le lui avait prédit, mais près d’une dizaine, elle se recula sur le matelas, paniquée.

– Euh… Romar ?

– Oui ?

Misère, ils avaient été au moins quatre à répondre en même temps ! Elle s’adossa à la tête de lit, serrant ses pieds l’un contre l’autre et ses genoux sur sa poitrine en attendant que la brume se dissipe. Dès que celle-ci permit de distinguer les visages des hommes qui se trouvaient face à elle, ceux-ci se mirent à parler :

– On ne devait pas être juste deux ?

– Non, mais tu n’as pas lu la formule comme il le faut, ce n’est pas possible !

Et trois Romar s’arrachaient le miroir, quatre autres parlaient ensemble, deux se disputaient… Et Line chercha, parmi tous ces hommes, lequel pouvait bien être son véritable amant. Elle remarqua alors des différences : s’ils étaient tous identiques sur le plan physique, des distinctions pouvaient se voir dans leurs regards, dans leurs attitudes, comme si chaque facette du caractère de son compagnon avait été séparée des autres de sorte que ses répliques en avaient chacune hérité d’un différent. Elle les observa attentivement. L’un semblait doux et apaisant, un autre distant, un autre plus rieur, un autre possessif… Elle détailla les expressions de chacun, essayant de reconnaître celle qui, de toutes, présentait suffisamment de variétés pour lui permettre de retrouver qui était son amant, mais bloqua sur l’un des hommes qu’elle remarqua adossé au mur tout au fond de la pièce, à l’écart des autres et dont le regard sombre l’inquiéta autant que l’intrigua.

– Line.

Ce fut le Romar rieur qui s’avança le premier sur le lit.

– Ça ne te va pas ?

– Euh…

C’est qu’ils étaient un petit peu nombreux, quand même, hein ? Et puis il y en avait certains, elle ne savait pas vraiment comment ils pouvaient agir ! Mais le sourire avec lequel le Romar qui la surplombait tira sur ses jambes pour la rallonger sur le matelas était celui qui la faisait le plus craquer chez lui. Troublée, elle savoura les lèvres qui capturèrent les siennes et resserra ses bras autour de son cou lorsqu’il s’allongea sur son corps.

– Eh oh, ne garde pas tout pour toi !

Le Romar rieur adressa un regard très amusé à l’autre homme qui s’assit à ce moment-là à côté d’eux, et Line retint un geste de recul en en voyant deux autres faire de même. Un Romar au regard doux glissa la main dans ses cheveux et approcha sa bouche de son oreille.

– Eh, Line, chuchota-t-il : c’est moi. Qui que ce soit autour de toi, c’est toujours moi…

– Romar ? l’interrogea-t-elle.

Mais, s’il répondit « oui » avec un sourire chaleureux, cela ne lui permit pas de distinguer s’il s’agissait de son véritable amant : n’importe lequel de ses reflets lui aurait dit la même chose. Elle examina ses gestes, cherchant à déterminer s’il agissait en tant que gaucher ou en tant que droitier, mais en fut incapable. Elle s’attarda alors sur son visage. Romar ne lui avait pas dit si son double se présenterait selon une vision opposée à la sienne, comme dans un miroir, et rien ne lui apparaissait comme différent, physiquement, de l’homme qu’elle aimait.

D’autres corps se rapprochèrent d’elle et elle frissonna quand une bouche timide se posa dans son cou, frémit quand une autre plus avide aspira la pointe de l’un de ses seins et se tendit quand une main dure et possessive s’empara de son entrejambe. En voyant un sexe s’approcher de ses lèvres, elle leva les yeux pour essayer d’apercevoir l’expression de l’homme auquel il appartenait, mais n’en eut pas le temps et songea à ce que le Romar qui avait chuchoté à son oreille lui avait dit : « c’est moi », « c’est toujours moi ». Les paupières closes, elle laissa alors cette chair chaude envahir sa bouche, glisser entre ses lèvres et s’enfoncer dans l’espace qu’elle lui offrit.

– Line…

Elle ne sut lequel de ces hommes soupira son nom, mais ne s’en soucia pas. N’était-ce pas Romar, à chaque fois ? En réalité, elle peinait à le définir, incapable de savoir si elle avait encore un rapport sexuel avec un homme qu’elle connaissait ou si seuls des inconnus l’entouraient. La séparation de leurs caractères, surtout, la perturbait. Romar ne lui avait-il pas dit qu’il ne ferait que créer un double de lui ? Ne devrait-il pas être exactement à son image ? Les mains qui se pressaient sur elle ne lui laissaient guère la possibilité de réfléchir, la verge qui s’enfonçait dans sa bouche gardait captive sa conscience et, au moment où un doigt s’introduisit dans son sexe, elle perçut une excitation si forte, à être ainsi l’objet du désir de tous ces hommes, que toute autre considération que celle de la chair apparut subsidiaire. De plaisir, alors que des mains écartaient plus largement ses cuisses et qu’un autre doigt s’insinuait en elle, elle aspira plus fort le membre à l’intérieur de sa bouche, provoquant un soupir qui se mêla aux souffles chauds qui naviguaient autour d’elle.

Puis une main agrippa ses cheveux, la faisant échapper la hampe qu’elle suçait jusque-là pour tourner la tête de l’autre côté et elle en découvrit une autre se présentant à elle. La même, ou la même forme, la même couleur, le même aspect, sinon non encore recouverte de salive, prête à réclamer son dû. Elle releva les yeux. Un Romar dominant la surplombait, son regard comme possessif, mais pas pour autant aussi sombre que l’homme qu’elle avait vu au fond de la pièce et qui, lui semblait-il, ne les avait pas encore rejoints. Elle n’eut la possibilité de le vérifier. La poigne sur ses cheveux était solide et le Romar qui la tenait poussa à ce moment sa verge dans sa bouche, ne s’arrêtant qu’une fois parvenu à sa gorge.

Elle garda les lèvres ouvertes alors qu’il faisait des va-et-vient en elle, consciente de s’offrir à des envies que son homme ne lui exprimait pas, généralement. Toutes les attentions dont elle faisait l’objet, les plus douces comme les plus rudes, l’excitaient profondément.

– Tu aimes ? demanda l’homme ayant pris possession de sa bouche.

Sa voix était chaude et exigeante, comme parfois l’était celle de son amant, mais de manière moins marquée. Sentir qu’il possédait cette part-là en lui-même la surprenait. Lui plaisait. Éveillait en elle des désirs trop obscurs pour qu’elle se soit allée précédemment à les lui exprimer.

– Que je baise ta bouche, précisa-t-il.

Elle ne put répondre, à aucun instant la verge dure ne cessant de faire des va-et-vient entre ses lèvres, mais elle perçut son excitation monter sous ses paroles. Peut-être devrait-elle le dire plus tard à Romar : l’effet que lui faisait cette part possessive, en lui.

Lorsqu’un troisième doigt s’ajouta à ceux qui allaient et venaient déjà en elle, elle se tendit et seuls les baisers tendres qui parcoururent sa cuisse lui permirent de rester calme. Elle se sentait désormais entièrement ouverte, comme si un sexe épais la pénétrait, et n’entendit que dans un brouillard de confusion l’altercation qui se déroula en bas du lit.

– Moi.

– Non moi d’abord.

– Toi, laisse la place.

Pour elle, ce fut sans importance : quel que soit le premier comblant l’espace offert entre ses cuisses, ne serait-ce pas toujours Romar ? Et tous la voudraient, de toute façon. La perspective l’attirait autant qu’elle l’effrayait. L’homme qui prenait sa bouche se fit éjecter au profit d’un autre corps qui y revendiqua aussitôt sa place. À son tour, elle l’accueillit en elle. Un autre attrapa sa main pour enrouler ses doigts autour de son propre membre, s’y mouvant de lui-même tandis qu’un autre faisait de même de l’autre côté. Toutes les sollicitations auxquelles elle était soumise l’empêchaient d’être active, mais ça n’avait pas d’importance. Elle était à Romar, comme il était à elle. Qu’il prenne son corps autant et comment il le voulait puisque tout en elle lui appartenait.

Des bouches se succédaient sur sa peau, des langues, des baisers, des morsures, des poignes solides, des doigts dans sa chair et des sexes qui, progressivement, prenaient possession de tous les espaces de son corps et qui, aussi nombreux qu’ils puissent être exploités, resteraient insuffisants pour tous les satisfaire.

D’un coup, ses reins furent soulevés et une verge entra en elle. Elle gémit, malgré celle qui entravait sa voix. Des déhanchements suivirent, puissants. Elle ferma fortement les paupières, prise dans le plaisir qui la traversa. Son bas-ventre se mit à la chauffer alors que d’infimes piques s’évadaient vers ses aines et le haut de son buste. Des mains se pressèrent sur ses hanches, ses seins, ses fesses, serrant ses hanches et pliant ses genoux pour l’offrir plus intensément à la hampe qui s’enfonçait en elle. Puis il s’opéra une rotation curieuse : une verge sortit de ses lèvres, une autre lui succéda, les chairs qui emplissaient ses mains la quittèrent dans des entrelacs de membres avant qu’elles soient remplacées, et même les coups de reins qui la comblaient devinrent différents, plus lents parfois et, à d’autres moments, plus raides.

Petit à petit, elle perdit le fil de tous les corps et sexes qui se succédèrent, qui pénétrèrent sa bouche, qui sondèrent son bas-ventre, qui prirent le relai entre ses doigts…

Enfin, elle le savait, cela arriva. Plusieurs mains la soulevèrent, la positionnèrent à quatre pattes, un corps chaud sous elle, et d’autres — plein — qui continuèrent à la caresser, à embrasser chaque recoin de sa peau, à câliner tendrement son crâne d’un côté et à baiser avidement sa bouche de l’autre, à frotter leurs sexes sur sa joue, ses seins, ses bras, ses mains… Ces chairs toutes connues, toutes embrassées tant de fois, toutes aimées, et toutes comme inhabituelles, pourtant.

Aucun ne retourna à ce moment entre ses cuisses. Elle savait parfaitement pourquoi. Son amant ne s’intéressait que rarement à cet acte, mais qu’en était-il pour une part plus particulière de lui-même ?…

La poigne dure qui appuya sur ses reins lui apporta une réponse, l’échauffant autant que lui faisant appréhender ce qui allait suivre. Elle profita de l’accalmie qui fut offerte à sa bouche pour tourner le visage et découvrir celui qu’elle attendait : l’homme au regard sombre, dur et chaud, où semblait se refléter tout ce qu’il y avait d’obscur en son amant.

– Romar ? souffla-t-elle, dans le besoin de savoir s’il s’agissait toujours de lui.

– Oui, confirma-t-il d’une voix rauque.

Oui. C’était ce qu’elle attendait.

Elle inclina les reins, frissonnante, et sentit déjà son sexe plonger dans son entrejambe trempé, en ressortir lubrifié pour… oui… pousser là où aucun, encore, de ces autres hommes ne l’avait pénétrée. Et l’ouvrir lentement sur son passage.

La longue intrusion la fit se raidir et elle apprécia les baisers qui se posèrent sur son cou, les caresses sur sa chevelure et les regards aimants qu’elle discerna autour d’elle.

– Line…

Un murmure commun, issu de plusieurs voix, prononcé par elle ne savait exactement lesquels d’entre eux.

Les mains dures de l’homme qui l’avait pénétrée passèrent sur ses hanches, ses reins, son flanc, sa nuque, avant d’agripper finalement ses cheveux. D’un coup, il me mit à faire des va-et-vient, longs et puissants, qui la firent haleter. Les autres ne la délaissèrent pas pour autant. Les uns après les autres, ils reprirent possession de sa bouche, de ses mains, d’elle dans son entièreté… Puis l’homme qui était allongé sous elle chercha à retourner dans son vagin et elle se crispa en réaction. C’était trop à la fois, elle ne pourrait le soutenir, mais aucun d’eux n’eut pitié d’elle et, d’abord l’un dans l’humidité de son entrejambe, puis l’autre dans son orifice le plus intime, ils s’emparèrent des espaces qu’elle leur donnait, ne s’y trouvant jamais en même temps, alternant leurs passages, jusqu’à ce que peu à peu, son corps s’étire tellement et qu’elle soit tellement leur, et qu’elle soit tellement prête, que, d’un geste en parfait accord, ils y entrèrent enfin tous deux. Alors, elle se sentit offerte à son amant de toute son âme, de tout son corps, de toute sa peau, et du moindre de ses orifices.

De puissants déhanchements suivirent, l’ensorcelant et la comblant aussi profondément qu’elle se sentait aimée, choyée, et que le plaisir grondait dans son ventre, et que des lames de feu parcouraient tout son corps.

Elle finit en criant, geignant, gémissant, la jouissance la mettant plus encore à nu qu’elle ne l’était déjà, alors que les corps qui l’entouraient continuaient à prendre ce qu’ils voulaient en elle. Ne la laissant pas se reposer, réclamant encore, encore.

Encore.

***

– Line ?

Elle parvenait à peine à reprendre ses esprits lorsque Romar, le seul et celui en qui se concentraient toutes les facettes qu’elle aimait, se pencha sur elle. Une brume fine planait encore dans la pièce. Le miroir était abandonné, plus loin. Elle le fixant, elle constata qu’il était brisé en plusieurs morceaux, peut-être une dizaine, comme les hommes qui l’avaient entourée…

– Ça va ? Ça n’a pas marché, c’est ça ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

Elle le regarda avec incrédulité.

– Ne me dis pas que tu ne te souviens pas.

– Euh… Si : j’ai récité la formule, les forces se sont réveillées, mais…

Il s’arrêta. Une expression de stupeur venait de s’afficher sur son visage. Line vit distinctement son regard passer sur son corps, détaillant les substances corporelles qui le parsemaient.

– Line ?

Elle eut un rire idiot et rassembla le peu de forces qui lui restaient — pas grand-chose, vraiment pas grand-chose — pour essayer de se redresser, mais en fut incapable et retomba sur le lit.

– Mais, enfin, c’est toi. Juste… plein de toi. Vraiment, tu ne te rappelles de rien ?

Ce que disait Romar confirmait ce dont elle avait eu le sentiment auparavant : qu’aucun, parmi les hommes qui l’avaient entourée, n’avait été réellement son amant ; seules des fractions de lui. Seul l’ensemble de ces êtres avait constitué son véritable lui.

– Non, confirma-t-il. Mais alors, si j’ai été exclu de ce qui s’est passé, j’ai…

Il la fixa avec interrogation.

– J’ai été scindé ?

Elle hocha lentement la tête. Au moins, lui semblait avoir une idée de ce qu’il s’était passé. Romar s’assit à côté d’elle sur le lit, pensif.

– Bon, ce n’est pas grave. Ça veut juste dire que les souvenirs vont tous me revenir maintenant, avec les sensations associées et… oh ! s’exclama-t-il avec surprise.

Il tomba sur le dos, ses yeux écarquillés témoignant des premières images et des premiers retours de plaisir qui devaient parcourir son corps.

Elle le vit trembler.

Puis « oh ! » gémit-il alors qu’il se tendait brusquement. Et « oh ! », cria-t-il plus fort. « Oh ! », « Ha !!! ».

En le voyant jouir de tous ses orgasmes à la fois, Line ne put s’empêcher de pouffer et pressa son visage contre son cou dans un sourire, savourant son contact, unique, contre sa peau.