Hard – Violaine (partie 2)

Durant le trajet, on ne parla que musique et encore musique. Pas un instant, il ne s’intéressa à ce que j’étais, moi. Même simplement me posa une question. Peut-être était-il habitué à avoir des groupies prêtes à dire « oui » à n’importe quoi pour le seul loisir de le suivre. Peut-être s’en foutait-il totalement. Ça m’interrogea mais, dans le fond, ce ne fut pas ce qui occupa le plus mon esprit. D’autres considérations y prenaient place. Des divagations.

Le poids de son corps sur le mien et la sensation de ses doigts dans mon sexe.

Et le fait que je ne le connaissais pas et que j’étais pourtant en train de le suivre chez lui au beau milieu de la nuit.

Il habitait un appart un peu crade, dans un de ces vieux immeubles à moitié délabrés du vieux Lyon, un vrai appart de « mec » pour être dans les clichés : avec du bazar partout, une hygiène douteuse, un carton scotché à une fenêtre pour remplacer un morceau de verre manquant et plein de bouteilles d’alcool.

– Je peux ? dis-je en en prenant une entamée.

Il se tourna vers moi depuis l’ordinateur qu’il venait d’allumer.

– Oui.

Je cherchais un verre. Sa table basse était pleine de feuilles de papier à cigarette, de verres sales – pas tout à fait ce que je voulais, et comment est-on censé se considérer quand on répugne à boire dans un verre déjà utilisé par un inconnu mais qu’on fantasme d’avoir sa langue et sa queue dans sa bouche, d’ailleurs ? –, de brouillons de paroles entassées et froissées, de tickets de métro déchirés et de cendriers pleins à l’odeur âcre de tabac froid. Un reste de joint y trainait. Je songeais à le rallumer – ce serait dégueulasse mais j’étais prête à faire n’importe quoi ; j’avais envie de faire n’importe quoi, je le sentais au fond de moi-même. De « lâcher »…

– Tu as des verres dans ta cuisine ?

– Oui, me répondit-il sans se retourner. Cherche.

J’entrais dans la kitchenette. L’évier était plein d’une vaisselle à l’agonie et la petite table accolée au mur tellement recouverte de tout et n’importe quoi qu’il semblait qu’y aller à la pelleteuse aurait été le moyen le plus efficace de la dégager. J’ouvris le placard mural, en hauteur. Des verres de formes différentes me firent face. Ternes. Pleins de traces de calcaire. J’en pris un.

Une fois revenue au salon, je me servis de la vodka. Je trouvais ça juste bon à arracher la gueule, mais ça collait à mon comportement du moment. Puisque je voulais me saouler, ce serait on ne peut plus efficace.

J’avais arrêté de fumer – des clopes – depuis près de deux ans, mais je lui demandais quand même en avisant son paquet sur la table basse :

– Je peux ?

Il pivota vers moi depuis sa chaise de bureau. Il avait l’air de se rendre tout juste compte que j’étais là, meuble qu’il avait ramené chez lui sans trop savoir pourquoi.

– Si tu veux.

J’hésitais.

– Tu n’as pas plutôt de quoi faire un joint ?

– Euh…

Pendant un instant, je me demandais s’il allait me foutre dehors.

Puis il me dit « si » et il farfouilla sur la table pour me sortir un morceau de shit de l’un de ses paquets de clope. Il le roula lui-même. Je savais faire – ces dernières années, j’avais fini par en préparer moi-même plus qu’Ayme, même, au point qu’il avait fini par rire, quelques fois, en disant que je n’avais plus besoin de lui ; c’était avant qu’on arrive au point de rupture, quand on était encore dans le déni tous deux et qu’on parvenait encore à être heureux, du coup –, mais Loïc ne me le proposa pas. C’était une de ces conceptions à la con habituelle, toujours : une fille, ça ne roule pas de joints – mais ça les fume, parfois. Je lui demandais sur quoi il travaillait.

Il bossait sur ordinateur, comme souvent les musicos actuels, du moins était-ce ce que je pensais. Il avait des instruments de musique, je le voyais, mais il ne poussait pas la chansonnette en grattant sa guitare. Plutôt, il travaillait les sons, les mixait, les arrangeait… Des sons qu’il avait créés et travaillés lui-même surement déjà avec ses instruments. Le genre était électro-rock, plutôt intéressant, même si on sentait une approche qui pouvait être encore approfondie. Il alluma lui-même le joint. Je bus de l’alcool, en attendant, et il se tourna pour recommencer à bosser sur son ordi, puis me tendit enfin l’objet que j’attendais. Je tirai de longues tafs dessus. Ce mec était vraiment bizarre. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme lui, comme s’il se foutait, même, alors de ma présence. En même temps, ça allait avec ce que j’avais déjà remarqué chez lui : cette façon qu’il avait de ne sembler voir que son nombril, comme si le reste n’existait pas, pour lui, à peine un gazouillement qui le détournait parfois de ses intérêts individuels. J’étais déjà saoule et je fus vite stone. Je poussai le barda de son canapé – cette chose molle, défoncée par le temps, avec une couverture dessus pour en masquer les déchirures – et fermai les paupières. Je songeai à son corps sur le mien, fis défiler les images de ce qui n’arrivait pas, ce qui n’arriverait pas, tant je ne faisais rien pour le provoquer, juste les inventant dans ma tête.

Quand il revint chercher le joint, j’ouvris les yeux sur lui. Je devais être aussi « prenable » que possible, disponible et offerte. Il me vola mon cône, tira lentement dessus en m’observant de sa hauteur avec un air interrogatif.

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– Tu t’appelles comment, au fait ? me dit-il.

Je lui répondis.

C’était à se demander pourquoi il avait posé la question tant ce fut flagrant qu’il s’en foutait. Ça ne lui apportait pas grand-chose de plus sur moi, de toute façon.

Je me demandai comment il devait me considérer ? Une pauvre fille, qui ne parlait pas, l’avait suivi chez lui et venait de lui boire son alcool et fumer son shit avant de lui montrer désormais à quel point elle voulait qu’il la saute. Une fille à baiser, facile, là, disponible, et dont il ne saurait jamais les désordres de l’esprit. Une fille qu’il ne comprenait pas.

Drôle de fille, sûrement.

Drôle de moi-même. Je ne lui demandais pas de me comprendre quand je sais que, moi-même, devant pareille situation, je serais restée tout autant perplexe.

Je ne le comprenais pas plus moi-même par ailleurs.

Et moi aussi, je m’en foutais.

Il inhala une autre taf. Je ne dis toujours rien.

– Tu veux regarder ce que je fais ? me dit-il au bout d’un moment.

Il ne paraissait pas en être sûr. Il paraissait plus me demander « qu’est-ce que tu fous là ? ». Je répondis quand même :

– Oui.

Il retourna vers son ordinateur tandis que je me redressai. La tête me tourna mais je pris appui sur les meubles alentour pour me tenir, et puis voilà. Il était resté debout devant son écran. Des rectangles de couleurs et des courbes s’y affichaient : la version numérique de l’art, les chiffres de la création. Je me posai à côté de lui. Il tourna la tête vers moi. Il tenait toujours le joint en main.

– Tu me fais tirer ? lui dis-je.

Il me considéra encore avec cette expression supérieure qu’il avait si aisément et qui, en plus de me mettre mal à l’aise, m’échauffait curieusement.

– Tu veux une soufflette ? me proposa-t-il enfin.

La proposition tapait en plein dans mes fantasmes. J’eus le souffle court lorsque je dis :

– Oui.

– Viens, dit-il en se tournant vers moi.

Je m’approchai.

Il tira une longue latte en me dévisageant. Je le trouvais toujours beau, laid… dans cette dualité troublante à mes yeux. Puis, il retourna le joint dans sa bouche, posa la main sur ma nuque, je penchais la tête, et approcha ses lèvres des miennes. J’inspirais profondément la fumée depuis sa propre bouche et ce fut comme un baiser.

Je faillis tomber par terre après ça. J’étais vraiment défoncée. Il me retint. Je devais avoir l’air d’attendre si vivement de me faire sauter, avec mes collants et ma mini-jupe froissée… J’avais déjà laissé mes talons à côté de son canapé. Et ça marcha. Loïc posa son joint dans le cendrier puis plaqua ses lèvres contre les miennes.

Ce fut un baiser un peu crade, entre haleine cendreuse et lèvres un peu molles, s’écrasant sur les miennes. Un peu dégoûtant, un peu excitant, comme ce que je vivais jusque-là, comme ce que j’éprouvais pour lui, curieux, avec un côté « puisque c’est là, je prends » qui me troubla et me dérangea en même temps. Je n’y répondis pas moins vivement. Ça me possédait toute entière désormais : je voulais qu’il me baise. C’était comme une obsession. Je n’avais plus eu de corps en moi depuis si longtemps, plus de désir me dépassant, plus de mains sur ma peau dont les gestes soient encore de l’ordre de la découverte… Ayme avait occupé tout mon espace au point qu’il n’en restait plus la moindre parcelle vierge, et pourtant c’était comme un terrain inconnu que j’offrais à cet autre. Ses mains, sur moi, étaient bizarres, sa façon d’embrasser était bizarre, sa pression sur mon corps était bizarre… L’acte ne l’était pas pour autant. Les gestes de l’excitation restent les mêmes partout, quelle que soit la culture, quelle que soit l’époque. J’enroulai les bras autour de son cou, vacillante. Il s’assit sur sa chaise d’ordinateur, m’attira sur ses cuisses, et je sentis son sexe tendu, avec son corps penché légèrement en arrière, et cette attitude qui ne semblait plus être celle du type se demandant ce que je foutais là mais saisissant ce qui était à sa portée. J’entrai sans réserve dans le rôle de la pauvre fille. J’en accentuai même les caractéristiques, comme on se glisse dans un déguisement pour ne pas se montrer. Pour se cacher, derrière. Il reprit d’une main son joint et en tira une nouvelle latte pendant qu’il me fixait, pressée sur sa queue, avec ma jupe relevée à cause de la position sur ses cuisses. Mon entrejambe était moite et je sentis à quel point cette chair contre la mienne m’excitait. Il tira une seconde latte puis… il glissa la main entre nos bassins, non pas pour me toucher mais pour défaire sa braguette dont il sortit son sexe en se tortillant légèrement. Et, toujours sans me parler, il pressa mes épaules vers le bas, pour me faire descendre en direction de sa queue, ce qui me heurta, mais ça allait bien avec le personnage : cette façon d’être, qu’il avait, de ne s’intéresser qu’à ce qui s’offrait à lui et son propre plaisir, et qui était pourtant ce qui m’avait attirée vers lui.

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Loïc m’incitait donc à le sucer comme le font tous les mecs qui ne savent pas comment le demander, même si chez lui ça prenait plus des airs de « parce que cet objet est là et que j’ai envie qu’il me taille une pipe », c’est-à-dire en poussant sur ma tête. Ça n’aurait probablement pas dû me déranger autant. Pourtant, je me raidis, bloquée par le fait de devoir être active, soudain. Ce n’était pas comme se « laisser faire », c’était à des années-lumière de fermer les yeux et attendre que la situation se joue sans moi, même malgré moi, m’emportant sans me laisser seulement le temps de me poser des questions. Et bloquée par le fait que Loïc me pousse à ça alors qu’on s’était à peine embrassés, ce que je ressentis comme humiliant, et encore plus quand il reprit son joint pour tirer de nouveau dessus en m’observant.

Je m’agenouillai néanmoins.

Dans le fond, j’aurais voulu qu’Ayme puisse être cet inconnu qui me baiserait pour rien d’autre que le sexe. Ça aurait été tellement plus facile, ainsi, mais ce n’était pas possible. Et c’était pour cela que j’étais là, et pour ça encore que le geste de Loïc représentait exactement ce dont j’avais besoin, soit celui d’un  mec que je ne pouvais pas estimer, qui ne représenterait jamais quoi que ce soit pour moi, que je n’appréciais même pas. Qu’il me prenne pour ce qu’il voulait, après tout. Pour un objet qui allait s’ouvrir sur son sexe, pour une groupie débile, pour une toxico ; rien de ce qui était moi, en définitive. Mais sur l’instant, pour lui, peut-être que j’étais tout ça. Ou que je voulais l’être.

J’examinai sa queue qui était d’une taille tout à fait normale mais d’une belle forme, et j’hésitai à lui parler de capote. Je le devais mais, connement, le mot ne voulut pas sortir. Je décidai alors de le sucer, mais sans aller au bout, et la sensation même de son sexe dans ma bouche me troubla… Je n’avais plus senti que celui d’Ayme pendant si longtemps. Je n’avais plus fait autant d’efforts, aussi. Je crois qu’on ne se donne réellement à fond que quand on est encore dans la séduction de l’autre, ce qui avait duré de longues années, entre nous, mais avait fini par ne plus s’éveiller que lors de moments particuliers, puis s’éteindre pour de bon. Là, avec Loïc, je fus dans la démonstration, et je vis bien qu’il apprécia. Il respirait fort, renversait périodiquement la tête en arrière, et ne fumait pas tant qu’il l’aurait probablement voulu. Quand je retirai enfin ma tête de son sexe et levait les yeux sur lui, il m’attrapa par le col, me relevant d’une façon un peu brusque, et m’embrassa avidement avant de me faire reculer vers le canapé.

Il était excité et pressant, et moi languide, liquide, entre ses mains.

Sa langue envahit ma bouche, ses mains le dessous de mes vêtements. J’étais stone, mais je perçus avec une grande acuité le toucher de ses mains sur ma peau, la pression de son corps contre le mien, le goût de sa langue, de sa bouche… Je chutai sur le canapé, et l’observai ôter son t-shirt avant de venir sur moi. Son corps me surplomba. Sa bouche ne lâcha pas la mienne, me laissant comme ivre, comme si le nœud du vertige se trouvait là et que rompre ce contact serait revenir à la réalité. Je ne voulais pas y revenir. Je levai les bras pour faciliter son geste quand il releva le haut de ma tenue, me cambrai lorsqu’il baissa la dentelle de mon soutien-gorge pour embrasser l’un de mes seins et aspirer mon mamelon dans sa bouche. Il le fit suffisamment fortement pour que ce soit presque douloureux… Et excitant aussi. Je le laissai dégrafer ma jupe. Je poussai même moi-même sur la ceinture de son pantalon, pour l’inciter à le retirer. Il se redressa pour le faire, se déshabillant debout.

Je n’avais pas de capotes. Heureusement, il en avait. Et je n’eus pas besoin de lui demander d’en sortir.

Cependant, j’eus peur. Peur parce que ça faisait trop longtemps qu’aucune verge ne m’avait pénétrée et je me mis vraiment à flipper que ça me fasse mal. Qu’il me fasse mal. Et que je ne puisse pas le lui dire comme je l’aurais fait avec un autre – comme je l’aurais fait avec Ayme –, ou qu’il ne m’écoute pas.

Il se rallongea sur moi, fourra ses doigts dans mon sexe, baisa mes seins, et revint, toujours, enfoncer sa langue dans ma bouche, et s’en emparer tandis qu’il possédait mon corps. C’était si bizarre d’avoir ces doigts anonymes en moi, et cette bouche inconnue contre la mienne, et ce corps inhabituel pesant sur le mien…

Sa queue, enfin, finit par me pénétrer. Il remonta mes jambes sur ses épaules, me courbant, et me faisant même presque mal, puis entra d’un coup en moi, trouvant ma chair moite et intensément humide mais si étroite ! Ce fut comme un coup de poignard et il le dit, d’ailleurs :

– Putain, qu’est-ce que tu es serrée.

Mais il ne se rendit pas compte de ce que ça signifiait, pour moi, ou ce que je pouvais éprouver. Et il ne s’arrêta pas. Je crois que je m’étais tellement présentée en fille facile, accessible, pour lui, qu’il ne pouvait pas imaginer un instant que ça faisait si longtemps que je n’avais plus été pénétrée, ainsi. Alors, je tâchai de supporter, d’attendre que mon corps se détende, et qu’il s’ouvre plus… Et mon corps retrouva le chemin qu’il n’avait pas oublié et, finalement, j’accueillis avec un plaisir ivre les coups de reins qu’il me donna, allant jusqu’à me captiver par la façon dont Loïc prit son pied en moi, par la sueur qui se formait doucement sur ses tempes, par la force de ses déhanchements, et les halètements qui sortaient de ses lèvres… Quand il me demanda de me retourner pour me prendre par derrière, je lui exposai mon postérieur avec une gêne rentrée que j’oubliai vite quand il serra les mains sur mes hanches pour me pilonner avec plus de vigueur.

Je ne jouis pas. Je n’en avais pas vraiment besoin. Loïc, lui, oui. Il atteint son orgasme, le sien, juste, assez rapidement, d’ailleurs, puis il se retira de moi, et ôta sa capote. Il la noua et posa sur la table basse, puis il ralluma son cône et recommença à le fumer, à poil sur son canapé et en sueur, tandis que je restais avec juste mon soutien-gorge encore sur moi, défaite de cette étreinte.

Je lui volai son joint.

Il me regarda le fumer.

Il me demanda encore :

– Redis-moi ton nom.

C’était drôle. Ça faillit me faire rire. Je le lui redis.

Je lui demandai juste :

– Tu ne le diras pas à Violaine ?

Il haussa un sourcil. Je devais vraiment lui faire l’effet d’un OVNI.

– Si tu le veux.

– Merci.

Je ne savais pas si je pourrais lui faire confiance, mais il me semblait que oui. Il avait l’air de tellement se foutre de tout…

Je me rhabillai.

Je ne pris pas encore la mesure de ce qui venait de se passer, de ce que je venais de faire. C’était trop compliqué, sur le coup, mais je sentis qu’il me faudrait du temps pour le digérer.

J’éprouvai le besoin de partir.

Je regardai l’heure. Il était 1h30 du matin. Trop tard pour le métro. Merde. Comment j’allais faire pour rentrer ? Ça me faisait vraiment chier de traverser Lyon à pied au milieu de la nuit et Loïc ne me proposa rien. Il me regarda juste me rhabiller et sortir, un peu stone, un peu saoule, très perdue, toujours. Ne te soucie pas des gens autour de toi, surtout… Je sais que j’aurais pu appeler un taxi depuis son appart’ mais je n’avais le numéro d’aucun en contact et je préférais rejoindre l’arrêt de métro voisin pour en chercher.

Je me retrouvai donc dans la rue. Je marchais, seule, et finis par apercevoir plusieurs taxis au même endroit. Je choisis celui qui n’avait pas l’air de dealer je ne savais trop quoi avec les mecs louches que je voyais penchés à sa fenêtre pour me retrouver avec un chauffeur bourré – mauvaise pioche, et on n’était même pas dans un quartier mal famé, hein ? – conduisant comme un malade, qui finit par me poser chez moi vivante et sans traumatisme supplémentaire – miracle.

Alors que je remontai les escaliers, mon ventre se crispa. A m’en faire mal, et j’eus tellement de palpitations d’angoisse que je dus m’arrêter pour me calmer, pour faire redescendre mon souffle, affligée par la conscience de ce que me faisait éprouver le simple fait de rentrer chez moi.

Ayme dormait sur le canapé, la télévision allumée diffusant un halo blanc, changeant, dans l’obscurité.

J’évoluais le plus silencieusement possible pour ne pas le réveiller et allais m’enfermer dans la chambre, troublée, sale, saoule, avec encore la sensation de ce sexe inconnu entre mes jambes, et incapable de savoir ce que m’avait véritablement apporté cette première fois.


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